Panoramique dentaire : à quoi il sert, comment il se passe et ce qu’il coûte

Ce que montre une radio panoramique, comment l’examen se déroule, la dose comparée à l’exposition naturelle et ce que l’assurance maladie rembourse.

Par Marion · Publié le 20 septembre 2026 · 4 min de lecture
Panoramique dentaire : à quoi il sert, comment il se passe et ce qu'il coûte

En bref

La panoramique dentaire est un cliché unique qui montre les deux arcades, les maxillaires, les sinus et les articulations de la mâchoire. L’examen dure une vingtaine de secondes, sans contact, et la dose reçue équivaut à quelques jours d’exposition naturelle.

Ce que l’examen montre, quand il est demandé, comment il se déroule, ce qu’il expose en rayons, et ce qui est remboursé.

Ce que montre une panoramique, et ce qu’elle ne montre pas

Son nom officiel est la radiographie panoramique dentomaxillaire. En un seul passage, elle donne une vue d’ensemble : toutes les dents présentes, leurs racines, l’os qui les porte, les sinus maxillaires et les articulations de la mâchoire.

L’image est large, donc moins fine. Une carie qui débute entre deux dents, une fissure fine, l’état précis d’une racine : d’autres clichés font mieux.

Ce qu’elle montre bienCe qu’elle montre malCe qui prend le relais
Position des dents de sagesse, dents inclusesCaries débutantes entre deux dentsRadiographie rétro-alvéolaire, prise dans la bouche
Niveau osseux global, kystes, lésions étenduesVolume osseux exact pour un implantImagerie en trois dimensions demandée par le praticien
Sinus maxillaires, articulations, fracturesÉtat fin d’une racine ou d’une obturationCliché ciblé sur la dent concernée

Une panoramique ne pose pas un diagnostic à elle seule. Elle complète l’examen de la bouche fait par le praticien, elle ne le remplace pas.

Quand elle est demandée

Elle intervient presque toujours avant une décision : extraction des dents de sagesse, pose d’un implant, bilan avant un traitement d’orthodontie, recherche de l’origine d’une douleur, contrôle d’ensemble chez un patient qu’on découvre.

Un examen aux rayons X ne se fait pas « pour voir ». Le code de la santé publique pose deux principes : la justification, qui veut que l’acte réponde à une question posée par le praticien, et l’optimisation, qui impose de rester à la dose la plus basse permettant d’obtenir l’information cherchée.

Votre panoramique a-t-elle été demandée par votre dentiste, ou par un spécialiste avant un geste précis ? La réponse change l’interlocuteur à qui vous remettrez les images.

Si l’examen prépare l’extraction des dents de sagesse, il sert d’abord à repérer la position des racines par rapport au nerf.

Comment l’examen se déroule

Vous restez debout ou assis, la tête posée sur un appui, une pièce à mordre entre les dents pour garder la mâchoire dans la bonne position. L’appareil tourne autour de la tête sans jamais vous toucher.

L’immobilité dure une vingtaine de secondes, seule contrainte de l’examen : un mouvement flou l’image et oblige à recommencer le cliché.

Avant d’entrer, on retire ce qui contient du métal :

  • Boucles d’oreilles, colliers, piercings du visage et de la langue.
  • Lunettes, épingles à cheveux, appareil auditif si on vous le demande.
  • Prothèses dentaires amovibles, sauf indication contraire du praticien.

Appui-menton et pièce à mordre d'un appareil de radiographie panoramique

Apportez l’ordonnance, votre carte Vitale, votre carte de complémentaire santé et, si vous en avez, les clichés précédents : la comparaison vaut souvent plus que l’image seule.

Les rayons : ce que vous recevez vraiment

La question inquiète souvent, et elle a une réponse simple. L’autorité de radioprotection indique que les radiographies prises dans la bouche délivrent des doses faibles, habituellement équivalentes à moins d’une journée d’exposition naturelle, et que celles d’une panoramique, même dans la fourchette haute, équivalent à quelques jours d’irradiation naturelle.

Autrement dit, l’ordre de grandeur est celui de ce que vous recevez en vivant, respirant et mangeant pendant quelques jours. Cela n’annule pas le principe de prudence : on ne multiplie pas les clichés sans raison, et c’est précisément ce que le principe d’optimisation impose au praticien.

Bon à savoir

Si vous êtes enceinte ou si vous pensez l’être, dites-le avant l’examen, même pour une radio dentaire. Pour un enfant, signalez son âge et les examens déjà faits : le praticien adapte les réglages et vérifie que le cliché est vraiment nécessaire.

Ce qui est pris en charge, et ce qui reste à payer

L’acte porte un code : HBQK002, « radiographie panoramique dentomaxillaire » dans la classification commune des actes médicaux. Ce code se retrouve sur le devis, sur la facture et sur votre relevé de remboursement.

Les actes de radiologie et d’imagerie médicale sont remboursés par l’assurance maladie à 70 % du tarif de base, le reste revenant à votre complémentaire santé ou à vous. Le montant exact dépend de l’endroit où l’examen est réalisé et du professionnel qui le pratique.

Pour lire votre relevé sans vous tromper, repérez trois lignes : la base de remboursement, la part payée par l’assurance maladie, et le reste à charge. Un dépassement peut s’ajouter selon le secteur d’exercice du praticien, et celui-là n’est jamais remboursé.

Le devis se lit avant, pas après, exactement comme pour un inlay ou un onlay. Si le montant annoncé vous surprend, demandez le code de l’acte et comparez-le sur ameli ou auprès de votre caisse primaire.

Ce que vous pouvez demander

Les images vous appartiennent. Demandez le cliché, sur film ou sous forme numérique, et le compte rendu qui l’accompagne quand l’examen est réalisé par un radiologue.

Gardez-les : une panoramique de référence permet de mesurer une évolution des années plus tard, et elle évite parfois d’en refaire une. Si vous changez de praticien, c’est à vous de les transmettre, sur clé ou par le lien communiqué par le centre.

Avant votre rendez-vous

  1. Prenez l’ordonnance, la carte Vitale et la carte de complémentaire santé.
  2. Rassemblez les clichés dentaires précédents, même anciens.
  3. Signalez une grossesse possible, ou l’âge de l’enfant concerné.
  4. Retirez bijoux et piercings avant d’entrer dans la salle.
  5. Demandez qui recevra les images, et sous quel format.

Un examen de vingt secondes se prépare en deux minutes.

Sources

  • ASNR (ex-IRSN), FAQ « Radiologie dentaire », doses délivrées par les examens dentaires
  • Assurance maladie, base CCAM en données ouvertes, acte HBQK002, février 2025
  • Ameli.fr, « Tableaux récapitulatifs des taux de remboursement », mise à jour du 19 janvier 2026
  • Code de la santé publique, articles R1333-47 et R1333-57, justification et optimisation des actes exposant aux rayonnements ionisants

Marion

Marion signe les articles du magazine, de la prévention au budget santé. Elle privilégie les explications simples et les exemples concrets, et rappelle quand un sujet demande l'avis d'un professionnel.